Notre histoire

Annaëlle

Mon enfance et mon adolescence peuvent se résumer à un grand apprentissage du conditionnement social et familial, où ma principale préoccupation était de plaire. Je me créais une personnalité en fonction de ce qu’on attendait de moi. J’ai donc vite mis de côté la réelle expression de mon être.

Pour m’évader d’un quotidien trop pesant, je me créais un autre monde, fait de pensées et de musique.

J’ai fait des études d’infirmière durant lesquelles j’ai découvert ma passion pour la psychiatrie. Je suis sortie major de promo de mon école. Toute fraîche diplômée, je suis partie travailler à Paris en hôpital psychiatrique. J’étais reconnue socialement, donc tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes !!

Durant cette même période, une forte envie de découvrir le monde et de voyager m’habitait. Alors j’ai décidé de partir 1 an en Amérique du Sud…

C’est à ce moment que des expériences ont commencées à chambouler l’ordre de toute ma vie.

Cela a débuté par une prise d’otage, lors d’un braquage devant la gare du Nord. Je me suis retrouvée scotchée sur le trottoir avec une mitraillette sur la tempe. Je me suis trouvée bien ridicule avec ma petite bombe d’auto-défense au poivre. Un rire intérieur m’a traversée. Puis en plongeant mon regard dans les yeux de l’homme cagoulé, j’ai vu qu’il ne me ferait aucun mal et que je pouvais avoir confiance en lui.

Quelques jours plus tard, j’étais dans l’avion pour l’Amérique du Sud. Après 3 semaines de voyage, de nouveau une arme à feu se braquait sur moi. Même pas peur !

Ma rencontre avec la forêt amazonienne fut un grand tournant. En dehors de mes repères habituels, je m’autorisais à être juste moi-même. La forêt vibrait fort en moi, je vibrais fort avec elle, je vibrais enfin la simplicité de mon être et vivais spontanément un état de présence. J’ai eu de fortes prises de conscience sur la vie, le monde. Notamment j’ai ressenti très fort que la vie sur terre était un vaste théâtre, une blague ! Je voyais tout le conditionnement mental qui nous coupe de la substance même de la vie.

Après cette forte ouverture de conscience, où ma carapace s’était fissurée, de la colère et de la tristesse longtemps enfouies voulaient jaillir de moi. Au contact de cet inconfort, j’ai commencé à me créer un autre monde en rejetant totalement le monde matériel. J’ai déchiré mon passeport, jeté ma carte bancaire dans le fleuve Nappo puis donné toutes mes affaires. Il ne me restait plus qu’un paréo. La police m’a arrêtée pour un contrôle de papier. Me trouvant bizarre, les policiers m’ont emmenée à l’hôpital local ! Finalement, en état de délire aiguë, hospitalisée contre mon gré, j’ai été rapatriée en France, directement vers la psychiatrie, dans le service même où j’avais passé mon diplôme d’infirmière. Mon égo a pris cher ! La souffrance se révélait à moi, comme un volcan qui dormait depuis des années. J’avais 23 ans, c’était les prémices de ce que je transmets aujourd’hui .

Durant les années qui ont suivi, j’ai continué à voyager dans le monde et à l’intérieur de moi. J’ai approfondi la présence à mes sensations corporelles notamment avec la pratique de la méditation Vipassana. Cela a « musclé » la présence à moi-même à chaque instant.

J’ai vécu d’autres moments de vie difficiles, notamment la perte de la garde de mon fils. La douleur émotionnelle qui s’est réveillée à l’annonce de cet évènement était totalement insupportable pour mon mental. Devant cette douleur qui me traversait, est venu un moment où mon égo a abdiqué. Je sentais comme un pan de ma personnalité qui avait en partie fondu, à la vitesse d’un éclair. Dans l’instant suivant, tout n’était que calme, sérénité et présence de l’être. J’ai compris ce que c’était que de me laisser complètement traverser par ce qui est, sans rien vouloir d’autre. J’ai continué à expérimenter pleinement, à chaque vague émotionnelle ce « laisser-faire ».

C’est parce que je vis en moi ce processus, que je peux vous accompagner avec une acuité et une qualité de présence constamment renouvelée.

Ce que Darane raconte d’Annaëlle :

Annaëlle, c’est l’être le plus singulier qu’il m’a été donné de rencontrer.

Elle s’assoit devant vous, plonge son regard dans le vôtre. Elle est là, présente, et vous voilà en face de vous-même, vulnérable. La personnalité est démunie, il n’y pas d’issue… Et là tout est possible, vous pouvez ressentir et vous laisser traverser par ce qui est. Elle vous accompagne avec cette force et cette détermination. C’est puissant, c’est vivant et d’une telle simplicité que cela déstabilise tout ce à quoi on croit !

Elle nous ramène à la présence, à ce qui il y a de plus essentiel en nous, à l’amour vivant !

Darane

Ma vie a été un long fleuve pas tranquille du tout ! ! La sensation qu’un rouleau compresseur est passé et repassé sur moi depuis la toute petite enfance.

De plus à l’adolescence mon corps a développé une pilosité très généreuse. En bonus, des poils sont apparus sur mon menton. C’était l’horreur ! Déjà que j’avais beaucoup de mal à m’accueillir tel que j’étais, mais là, c’était la cerise sur le gâteau. Alors tant bien que mal, je me cachais, je m’épilais. J’avais la hantise du regard des autres sur moi.

Je me suis retrouvée propulsée dans la vie de jeune adulte, certes complètement perdue et déboussolée, mais avec un élan intact et puissant de trouver la paix, le silence, le calme.

Au fil des rencontres et des expériences, j’ai amorcé une longue reconstruction de moi-même, et quelques soient les difficultés j’ai toujours suivi cet élan.

J’ai commencé à faire des choses qui me faisaient du bien dans un univers qui me correspondait. J’ai notamment fait une école de massage intuitif. Recevoir des massages m’a beaucoup aidé à me réconcilier avec mon corps, ce corps qui me faisait peur. Ensuite je me suis vite sentie limitée dans ce métier de masseuse, mon élan de vie m’amenait déjà ailleurs.

Dans cette même période, j’ai découvert le clown. Cette expérience m’a énormément aidée à retrouver le jeu, la dérision, la légèreté, la connerie et tout simplement le rire que j’avais perdu.

Enfin j’ai laissé ma barbe voir le grand jour et osé m’assumer telle que j’étais devant tout le monde malgré le grand inconfort émotionnel qui me traversait. Ce fut le début d’un long challenge avec moi-même pour arriver à me sentir à l’aise devant le regard des autres qui me dévisagent encore et encore.

Très curieuse, avide de trouver une solution à mon mal-être ou simplement menée par mon élan, j’ai cherché dans tous les sens, avec toutes sortes de pratiques spirituelles. Cela marchait jusqu’à un certain point. Beaucoup de « messages » emmêlaient mon mental. La souffrance émotionnelle me rattrapait sans cesse.

J’ai fait 2 ans d’insomnie où je suis restée alitée. Je passais mon temps à accueillir et observer mes vagues de souffrance et les sensations corporelles qui vont avec. Parfois je trouvais le détachement et l’instant d’après je me mélangeais à la peur, terrorisée par les scénarios que le mental me servait ! J’ai souvent eu des phases de fortes remises en question acceptant de laisser fondre toutes mes croyances, les unes après les autres, pour un peu plus aller dans le vide et le silence. Dur pour l’égo mais tellement libérateur ! C’est là que j’ai vraiment capté le chemin que je cherchais depuis toujours. L’observateur grandissait en moi, ainsi que ma capacité à m’asseoir dans ma présence.

De plus, en vivant pleinement mes émotions jusqu’au bout, je goûtais à la sensation de légèreté, avec profond soulagement dans le corps. maintenant je peux dire que Les souffrances me quittent les unes après les autres et ne reviennent plus.

Finalement, j’ai trouvé l’élan de mon être, vibrant, simple… le fou sage !

Ce que Annaëlle raconte de Darane :

Elle offre avec une générosité sans limite, ce qui est inné chez elle.

Elle a aussi le don du mot juste, au moment opportun, la phrase qui met en lumière, ce qui appelle la lumière. Les blagues et la dérision qui sortent de sa bouche opèrent comme par magie dans la conscience de ceux qui les écoutent. La parfaite incarnation du Fou Sage.